L'article en résumé
Ce qu'il faut retenir sur la réduction des pertes en eau potable
En France, le rendement moyen des réseaux d'eau potable est d'environ 80 %. En dessous de 85 %, les agences de l'eau majorent la redevance sur les volumes prélevés.
La performance d'une campagne de recherche de fuites se mesure par la réduction du débit de fuites, calculée à partir du débit de nuit mesuré entre 2h et 4h du matin.
Le modèle de rémunération à la performance conditionne la facturation à un résultat. En dessous de ce seuil, aucune facturation n'est déclenchée.
Résultats documentés sur des réseaux français :
- Moulins Communauté (Allier, 200 km) : −36,7 % de pertes, 124 478 € de gain net dès la première année
- Syndicat La Vigne aux Champs (350 km) : −77 % de pertes, ROI ×4 dès la première année
- CC Bléré-Val de Cher, secteur Chenonceaux : −68 % de pertes, 6 fuites identifiées
Pertes en eau en France : où en sont les réseaux d'eau potable ?
Le rendement moyen des réseaux d'eau potable en France tourne autour de 80 %. Cela signifie qu'en moyenne, un litre d'eau sur cinq introduit dans le réseau ne parvient pas à l'abonné, il est perdu en chemin, principalement par fuite souterraine.
Ce chiffre recouvre des réalités très disparates. Certains syndicats maintiennent un rendement supérieur à 90 %, là où d'autres descendent en dessous du seuil réglementaire de 85 %, en dessous duquel les agences de l'eau majorent la redevance sur les volumes prélevés.
Cette double peine pertes en eau et surcoût réglementaire, frappe particulièrement les structures aux ressources humaines et budgétaires limitées.
Un enjeu à la fois technique, financier et réglementaire
La performance d'un réseau d'eau potable se mesure principalement à travers son rendement, c'est-à-dire le ratio entre le volume d'eau distribué aux abonnés et le volume d'eau introduit dans le réseau.
Un rendement de 80 % signifie que 20 % du volume prélevé est perdu, sans retour pour le service.
Au-delà de la perte volumique, les conséquences sont multiples : surcoût d'énergie pour pomper de l'eau qui ne sera jamais consommée, usure prématurée des infrastructures, risques sanitaires liés aux entrées d'air dans les canalisations sous pression réduite, et pression réglementaire croissante dans le cadre des plans de sobriété hydrique.
Une problématique qui concerne aussi les collectivités bien équipées
Il serait inexact de réduire cette question aux seuls réseaux dégradés. Même un syndicat dont le rendement se maintient autour de 90 % peut dissimuler des zones de pertes concentrées qui évoluent silencieusement. La performance globale masque souvent des disparités importantes entre secteurs géographiques d'un même réseau.
Pourquoi agir sur les pertes en eau reste difficile pour les collectivités
Dans un contexte budgétaire contraint, engager une campagne de recherche de fuites suppose de pouvoir en justifier le coût auprès des élus et des directions générales. C'est précisément ce point que le modèle classique ne permet pas de résoudre.
Un frein financier et décisionnel
Le modèle classique de recherche de fuites repose sur une facturation au temps passé et aux kilomètres parcourus. La collectivité mandate un prestataire, lui transmet ses données réseau, et règle la prestation que les résultats soient au rendez-vous ou non.
Ce modèle place la collectivité dans une position d'incertitude structurelle. Il n'existe aucune garantie contractuelle sur le résultat obtenu.
Dans un contexte budgétaire contraint, où chaque dépense doit être justifiée auprès d'élus et de directions générales, cette absence de garantie constitue un obstacle réel à la prise de décision.
Des données incomplètes ne sont pas un obstacle au démarrage
Cette préoccupation est légitime et souvent fondée sur des expériences passées avec des prestataires très dépendants de la qualité du SIG. L'approche est ici différente.
Les analyses effectuées par l'intelligence artificielle ne dépendent pas exclusivement du SIG de la collectivité.
Elles croisent les données disponibles avec plus de 100 paramètres environnementaux externes : nature du sol, historique climatique, trafic routier, topographie, pression moyenne, pour identifier les zones de pertes prioritaires.
Un SIG imparfait permet de démarrer. L'IA est conçue pour s'adapter aux données disponibles, en les croisant avec ces paramètres environnementaux externes.
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Réduire les pertes en eau avec des résultats garantis : le modèle à la performance
Un engagement contractuel sur le résultat
Le principe du modèle à la performance est simple : si les pertes ne sont pas réduites d'au moins 20 %, aucune facturation n'est déclenchée.
Concrètement, cela signifie que le prestataire s'engage contractuellement sur un résultat minimum avant toute intervention terrain. Les deux parties partagent le même objectif : trouver et corriger les fuites là où elles génèrent le plus de pertes.
Un changement dans la logique de la relation
Ce renversement du modèle économique a une conséquence directe sur la dynamique de la relation entre la collectivité et le prestataire. Dans un modèle facturé au temps passé, les intérêts peuvent diverger : le prestataire a peu d'incitation à concentrer ses efforts. Dans un modèle à la performance, les intérêts sont alignés.
Ce modèle rend également possible le déclenchement de campagnes dans des contextes budgétaires tendus. Un engagement contractuel sur les résultats constitue un argument recevable auprès des élus et des directions générales, là où une dépense sans garantie ne l'était pas.
Jean-François Marinier : "La démarche était assez séduisante parce qu'on vous paye sur un résultat obtenu. Il fallait au minimum obtenir 20 % de réduction des pertes d'eau pour commencer à être facturé. C'est quelque chose qu'on n'a pas l'habitude d'entendre."
Comment calcule-t-on la réduction des pertes en eau ?
La transparence de la méthode de calcul est la condition d'un modèle à la performance qui fonctionne. Voici la méthode utilisée, pas à pas.
Étape 1 : Calculer le débit de fuites initial
Le débit de fuites d'un réseau se calcule à partir du débit de nuit, mesuré entre 2h et 4h du matin. C'est la plage horaire durant laquelle la consommation réelle des abonnés est quasi nulle. Ce qui reste dans le débit nocturne correspond donc quasi-exclusivement aux fuites.
Une correction est appliquée pour tenir compte des usages nocturnes résiduels (arrosage automatique, appareils électroménagers en cycle de nuit), estimés à environ 20 % du débit nocturne total.
La formule est la suivante :
💡 Débit de fuites = Débit de nuit − Consommation réelle nocturne (≈ 20 % du débit total)
Exemple concret — Chenonceaux (CC Bléré-Val de Cher) :
- Débit de nuit initial mesuré : 10,10 m³/h
- Consommation réelle nocturne : 2,02 m³/h (20 % de 10,10)
- Débit de fuites initial : 10,10 − 2,02 = 8,08 m³/h
Étape 2 : Mesurer la réduction après intervention
Après la campagne de recherche et la réparation des fuites identifiées, un nouveau débit de nuit est mesuré. La réduction des pertes est calculée en rapportant la baisse du débit nocturne au débit de fuites initial.
💡 Réduction des pertes (%) = (Réduction du débit de nuit ÷ Débit de fuites initial) × 100
- Débit de nuit final mesuré : 4,62 m³/h
- Réduction du débit de nuit : 10,10 − 4,62 = 5,48 m³/h
- Réduction des pertes : (5,48 ÷ 8,08) × 100 = −68 %

Un calcul co-construit avec les équipes de la collectivité
Les débits initiaux, les cibles et les seuils de facturation sont définis ensemble lors de la réunion de démarrage, avant toute intervention terrain. Il n'y a pas de résultat calculé unilatéralement en fin de mission.
Ce processus présente un avantage opérationnel supplémentaire : il y a un intérêt direct à ce que les réparations soient réalisées rapidement, car le gain ne devient mesurable qu'une fois les fuites effectivement colmatées.
Démarrer une campagne de réduction des pertes en eau : ce qu'il faut savoir
Quelques éléments pour une fiabilité optimale
Pour atteindre le niveau de fiabilité le plus élevé dans l'identification des zones prioritaires, plusieurs éléments sont utiles :
- L'historique des interventions récentes sur le réseau
- L’analyse des débits
- Les années de pose.
Des données incomplètes ne bloquent pas le démarrage
L'IA de Leakmited utilisée a été entraînée sur plus d'un million de fuites référencées sur des milliers de kilomètres de réseaux à travers la France.
Cette base lui permet de compenser les lacunes d'un SIG partiel en s'appuyant sur des paramètres environnementaux externes.
Le cas du SIERA, syndicat gérant 225 km de réseau dans l'Ain, illustre cette capacité : le syndicat ne disposait au démarrage que de fichiers Autocad basiques, sans années de pose, sans historique de fuites, sans géoréférencement précis. Résultat après campagne : −30 % de pertes.
Deux collectivités qui ont réduit leurs pertes en eau : retours d'expérience
Moulins Communauté : −36,7 % de pertes dès la première campagne
Moulins Communauté (Allier, 225 km de réseau, ~35 000 habitants) exerce la compétence eau potable depuis 2020. Face à un débit de nuit initial de 80 m³/h et un objectif de rendement ambitieux, la collectivité choisit Sprint pour sa capacité à agir vite et pour son modèle rémunéré à la performance, décisif pour obtenir la validation politique à l'unanimité.
La campagne de septembre 2025 produit des résultats documentés sur 200 km investigués :
- −36,7 % de réduction des pertes en eau potable
- 205 797 m³ économisés par an (équivalent de 1 713 foyers)
- 124 478 € de gain net dès la première année
Leakmited proposait une solution jugée fiable, innovante et surtout rémunérée à la performance, ce qui limitait le risque financier. Les élus ont été séduits par la proposition. » — Nicolas Guillon, Directeur du cycle de l'eau, Moulins Communauté
Syndicat La Vigne aux Champs : Recherche de fuites à impact immédiat
Le Syndicat La Vigne aux Champs gère 7 communes, 350 km de réseau et 6 000 abonnés. À la suite d'une campagne de recherche de fuites, le syndicat a enregistré une réduction des pertes en eau potable de −77 %.
En volume, cela représente 146 730 m³ économisés par an, soit l'équivalent de la consommation annuelle de 1 630 foyers. Le retour sur investissement, calculé dès la première année, atteint un facteur de ×4.
« On a eu 77 % de réduction de fuites. Pour l'année 2025, on peut espérer gagner 5 % de rendement d'après les premiers relevés : passer de 75 à 80 %. » - Abhija Mangin, Directeur du syndicat
Conclusion
Le rendement d'un réseau d'eau potable n'est pas une fatalité. Les outils d'analyse prédictive et le modèle de rémunération à la performance permettent aujourd'hui d'agir avec des garanties contractuelles claires, une méthode de mesure transparente et des résultats documentés.
La question n'est plus de savoir si une collectivité peut améliorer son rendement. Elle est de savoir sur quelle base elle souhaite engager cette démarche et avec quelles garanties.
Si vous souhaitez comprendre ce que cette approche pourrait donner sur votre réseau, un diagnostic de votre situation peut être réalisé à partir des données dont vous disposez, quelles qu'elles soient.








