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Retour en régie : comment réduire les pertes d'eau et maîtriser le prix pour les usagers
Performance des réseaux

Retour en régie : comment réduire les pertes d'eau et maîtriser le prix pour les usagers

30/1/2026
4 minutes
Retour en régie : comment réduire les pertes d'eau et maîtriser le prix pour les usagers

Introduction

En novembre 2024, les élus de la Communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise ont voté à une écrasante majorité (62 voix pour, 2 abstentions) la création de la Société Publique Locale "Les Eaux de la Confluence". D'ici un an, au 1er janvier 2027, cette nouvelle structure prendra en charge la gestion de l'eau potable pour 205 000 habitants, mettant fin à 18 années de délégation de service public confiée à Veolia.

La motivation affichée par Jean-Paul Jeandon, président de l'agglomération ? Une "nécessité". Derrière ce terme sans équivoque : la volonté de maîtriser les coûts dans un contexte où le prix de l'eau s'apprête à connaître une trajectoire inflationniste. "Ce qu'on a vu sur l'électricité, on est en train d'y arriver pour l'eau", prévient l'élu. Avec un tarif actuel de 4,30 €/m³, les projections à 5-6 ans anticipent des montants "nettement supérieurs".

Mais reprendre en régie ne garantit pas automatiquement la maîtrise du prix de l'eau. Pour y parvenir, les collectivités doivent aussi s'attaquer à un levier souvent sous-estimé : la réduction des pertes sur le réseau. Car chaque mètre cube qui fuit représente un coût direct pour la collectivité et une pression supplémentaire sur la facture des usagers.

Le vrai coût d'une fuite : bien plus qu'un simple gaspillage

Quand une canalisation fuit, la collectivité subit une perte en cascade sur toute la chaîne de valeur. Elle produit ou achète l'eau (dont le coût est en constante augmentation), elle la traite si nécessaire (coût énergétique non négligeable), elle la distribue via son réseau (pompage, maintenance). Et l'eau fuit avant d'arriver au robinet de l'usager. Résultat : la collectivité paye pour de l'eau qui n'est jamais facturée.

Sur un réseau comme celui de Cergy-Pontoise — 750 km de canalisations, 40 000 branchements, 13,5 millions de m³ mis en distribution chaque année — chaque point de rendement gagné représente plusieurs centaines de milliers d'euros d'économies. L'enjeu n'est pas anecdotique : il conditionne directement la capacité de la collectivité à contenir l'évolution tarifaire.

CAS RÉEL : SICOVAL
Sur le territoire du Sicoval (syndicat regroupant 36 communes et 84 219 habitants), un programme de détection de fuites a permis d'économiser 113 700 m³ d'eau en un an, soit 90 600 € d'économies réalisées sur la production et la distribution de l'eau potable.

Découvrez comment La Capi a gagné en performance

* Source : https://eau-iledefrance.fr/une-necessite-cette-agglo-reprend-en-main-la-gestion-de-leau-potable/

Le paradoxe de la délégation de service public

Lorsqu'une collectivité délègue la gestion de l'eau à un opérateur privé, elle ne dispose d'aucun levier direct sur la recherche de fuites. Les équipes, les outils de détection, les méthodologies d'intervention : tout appartient au délégataire. La collectivité finance le service, mais ne pilote pas les priorités techniques. Cette opacité est précisément l'un des arguments qui motivent le retour en régie : reprendre la main sur l'ensemble de la chaîne de gestion, y compris la détection et la réparation des fuites.

Le cercle vertueux de la réduction des pertes

Moins de fuites = moins d'eau à produire, traiter ou acheter

Moins de volume à gérer = moins de pression sur l'évolution tarifaire

Budget maîtrisé = capacité d'investir davantage dans le renouvellement du réseau

Cette logique économique vertueuse est précisément celle que recherchent les collectivités qui reprennent en régie pour maîtriser les coûts. Mais elle ne se décrète pas : elle nécessite de s'équiper des outils adaptés.

Schéma montrant le vrai coût d'une fuite pour une collectivité

Reprendre en régie : s'équiper pour réussir

Lorsqu'une collectivité envisage de reprendre la gestion de l'eau en régie, une interrogation revient régulièrement : dispose-t-elle des compétences techniques nécessaires pour assurer un niveau de performance équivalent — voire supérieur — à celui d'un grand opérateur ? La question est légitime, mais elle repose sur une conception erronée de l'autonomie.

Reprendre en régie ne signifie pas recruter massivement pour tout internaliser. Cela signifie garder le contrôle des décisions stratégiques tout en s'appuyant sur des partenaires technologiques choisis, plutôt que subis dans le cadre d'un contrat global.

Un mouvement porté par l'exigence de transparence

Le retour en régie s'inscrit dans un contexte où les élus et les citoyens exigent une visibilité accrue sur la gestion de l'eau. Plusieurs facteurs ont nourri cette dynamique au fil des décennies : la remise en question de certains contrats de délégation suite aux affaires judiciaires des années 1990 (affaire Carignon à Grenoble, affaire des HLM de Paris), les obligations d'investissement imposées par les directives européennes, et les préoccupations croissantes autour de la qualité de l'eau

Dans un récent article, Régis Taisne de la FNCCR partageait : le basculement vers la régie s'est nourri d'une "forte pression citoyenne et politique". Les collectivités ont progressivement réalisé qu'en délégation, elles manquaient de leviers : difficultés à obtenir le détail des investissements réalisés, hausses tarifaires mal comprises, fonds de renouvellement dont la restitution posait question.

Cette exigence de maîtrise et de transparence redéfinit les choix d'organisation. Reprendre en régie, c'est d'abord reprendre l'accès direct aux données et aux décisions stratégiques. Pas nécessairement tout faire en interne, mais pouvoir piloter en toute connaissance de cause.

"Si nous demandons à nos usagers de limiter leur consommation d’eau, nous avons donc comme devoir de montrer l’exemple et de leur dire si vous faites des économies, nous à côté nous recherchons les fuites, nous cherchons à faire des économies sur nos réseaux et nos réserves”
- Pierre Lattard, Vice-Président délégué à la Politique de l’eau - Sicoval

Citation de Pierre Lattard Vice-Président délégué à la Politique de l'eau du Sicoval

Ce qui change vraiment entre DSP et régie

Tableau Comparatif DSP vs Régie
En délégation de service public En régie publique
L'opérateur impose ses outils, ses méthodes, ses priorités La collectivité choisit ses outils, ses partenaires, fixe ses priorités
Accès limité ou nul aux données de fonctionnement Transparence totale : les données appartiennent à la collectivité
Dépendance contractuelle pendant toute la durée de la DSP Autonomie de décision, possibilité de faire évoluer les partenariats
Rémunération intégrant une marge de l'opérateur Maîtrise directe des coûts de gestion

Des métropoles qui s'engagent sur la réduction des pertes

Ce mouvement ne concerne pas que les collectivités de taille moyenne. Des métropoles comme la Régie Eau du Grand Lyon ou Bordeaux Métropole ont récemment fait le choix de s'équiper pour réduire leurs pertes sur le réseau. La Régie Eau du Grand Lyon a d'ailleurs porté son taux de renouvellement des canalisations à 1,25 % en 2024, dépassant l'objectif initial de 0,8 %.

Ces grandes collectivités illustrent bien ce qu'est l'autonomie : choisir ses partenaires technologiques, fixer des objectifs mesurables, et garder le contrôle des résultats.

source : https://www.lemoniteur.fr/vie-du-btp/politique-publique-le-retour-en-regie-un-turbo-pour-les-travaux.2A2FYO4ES5IRTNSKSLYGOYSBEU.html

Des régies qui s'équipent et obtiennent des résultats

Les régies qui s'équipent de solutions de détection par intelligence artificielle parviennent à réduire leurs pertes de 38 % en moyenne sur un an. Ce chiffre correspond aux résultats observés sur des collectivités qui ont fait le choix de travailler avec Leakmited.

Un tel niveau de réduction se traduit immédiatement en économies budgétaires substantielles. Sur une collectivité de 50 000 habitants, une baisse de 38 % des pertes représente plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes économisés par an — et donc plusieurs centaines de milliers d'euros préservés. Le passage en régie se construit avec des choix d'équipement concrets qui produisent des résultats mesurables.

Confluence Eaux (Creuse) a pris la compétence eau potable en 2024 et est passé en régie directe exclusive. 

Dès le printemps 2026, le syndicat lancera une campagne de détection de fuites par intelligence artificielle. Objectif : identifier rapidement les pertes sans attendre des mois. 

Grand Paris Sud illustre un autre enjeu des régies : la gestion patrimoniale. Cécile Faragoni, cheffe de service Eau potable, témoigne : "La direction générale nous a demandé de réaliser en un mois un PPI sur 15 ans de travaux de renouvellement, avec un tableau synthétique et un budget aligné en face.

Impossible avec les méthodes classiques qui peuvent prendre plusieurs mois pour notamment réaliser un schéma directeur et son PPI. Mais réalisable grâce à des outils de gestion patrimoniale assistée par IA, qui complètent automatiquement les données manquantes et génèrent des scénarios d'investissement en quelques minutes.

Deux exemples, deux enjeux : la détection rapide des fuites et le pilotage intelligent du patrimoine. 

Ecouter comment Grand Paris sud a repris la main sur son budget

Chiffre clé : réduction moyenne des pertes d'eau des collectivités faisant appel à l'IA

Conclusion : un mouvement de fond porté par la maîtrise technique

De la Creuse au Val-d'Oise, le retour en régie n'est plus une exception. C'est un mouvement de fond porté par une volonté commune : reprendre le contrôle sur un service essentiel.

Mais ce contrôle ne se limite pas aux aspects financiers ou à la gouvernance. Il passe aussi par la maîtrise technique. Comme le souligne Jean-Paul Jeandon pour Cergy-Pontoise : "Il faut maîtriser parfaitement la gestion du cycle de l'eau."

Les régies qui réussissent leur transition font le choix de s'équiper et de choisir leurs partenaires technologiques. Les résultats sont mesurables : 38 % de pertes en moins, c'est 38 % de budget préservé pour les investissements prioritaires et la maîtrise tarifaire.

La question n'est plus "Faut-il repasser en régie ?" Elle devient : "Comment s'équiper pour réussir ?"

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FAQ

On répond à vos questions

Pourquoi les collectivités reprennent-elles la gestion de l'eau en régie ?

Pour maîtriser les coûts, gagner en transparence sur les investissements et reprendre le contrôle des décisions stratégiques. Face à l'augmentation du prix de l'eau, les élus cherchent à éviter l'explosion tarifaire observée sur l'électricité.

Comment une régie peut-elle réduire ses pertes d'eau efficacement ?

En s'équipant de solutions de détection par intelligence artificielle couplées à des experts terrain. Résultat : fuites identifiées en quelques jours au lieu de plusieurs semaines, et réduction moyenne des pertes de 38% en un an.

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