Quand une collectivité envisage de recourir à l'intelligence artificielle pour gérer son réseau d'eau, une question revient souvent : et si l'IA elle-même consommait plus qu'elle économise ?
Car toutes les IA ne se ressemblent pas. Derrière le mot "intelligence artificielle" coexistent des approches radicalement différentes — certaines voraces en énergie et en infrastructure, d'autres pensées dès le départ pour être légères, précises et adaptées à la réalité du terrain.
Leakmited a choisi cette deuxième voie. Celle de l'IA frugale. Voici pourquoi ce choix change tout, pour les collectivités comme pour la planète.
IA et réseaux d'eau : une inquiétude légitime
Une question que les collectivités ont raison de poser
Depuis quelques années, le sujet de l'empreinte écologique des technologies numériques est entré dans le débat public. Les centres de données consomment de l'électricité. Les modèles d'IA générative entraînés sur des milliards de paramètres mobilisent des ressources considérables. Il est donc tout à fait cohérent, pour une collectivité engagée dans la préservation de la ressource en eau, de s'interroger sur le bilan environnemental des outils qu'elle déploie.
Cette question a d'ailleurs été posée à Leakmited lors d'une interview en mai 2025 sur BFMTV, dans l'émission Smart Impact.
La bonne question à poser
Plutôt que "faut-il utiliser l'IA ?", la vraie question est : quelle IA, pour quel usage, avec quelle empreinte ? C'est là que la notion d'IA frugale prend tout son sens.
Deux approches IA s'affrontent
Il existe aujourd'hui deux grandes façons de concevoir une IA. Elles conduisent à des résultats très différents — en termes d'efficacité, de coût, et d'impact environnemental.
L'IA généraliste : puissante, mais exigeante
La première approche consiste à mobiliser un modèle ultra-puissant, capable de traiter des volumes massifs de données non structurées. C'est l'approche des grandes plateformes technologiques : efficace sur un spectre très large, mais fortement dépendante du cloud, consommatrice d'énergie, et difficile à expliquer aux équipes terrain. (Source : post LinkedIn Hubert Baya Toda, Leakmited)
Pour une collectivité, ce type d'outil pose plusieurs défis : coûts récurrents élevés, complexité d'intégration, et résultats souvent peu lisibles pour les décideurs non techniques.
L'IA frugale : ciblée, sobre et robuste
La seconde approche — celle que Leakmited a choisie — consiste à structurer les données en amont pour faire tourner un modèle simple, sobre et robuste.
Plutôt que d'alimenter un moteur générique avec tout ce qui est disponible, l'IA frugale travaille sur une donnée bien préparée, enrichie des bonnes métadonnées, orientée vers un cas d'usage précis. Elle fait moins de choses — mais elle les fait très bien, très vite, et avec très peu de ressources.

Qu'est-ce qu'une IA frugale ?
Définition : maximiser l'impact, minimiser les ressources
Une IA frugale est une intelligence artificielle conçue pour produire un impact maximal tout en consommant un minimum de ressources : énergie de calcul, infrastructure, données supplémentaires à collecter. Elle s'oppose aux architectures généralistes surdimensionnées en privilégiant la précision sur la puissance brute.
Les 4 piliers d'une IA frugale appliquée à l'eau
1. S'appuyer sur les données existantes Les réseaux d'eau génèrent déjà des données précieuses : débits, pressions, historiques d'interventions, données patrimoniales. Une IA frugale part de ce patrimoine existant, sans exiger de déploiement massif de nouveaux capteurs.
2. Privilégier des modèles ciblés et explicables Plutôt que des architectures opaques, l'IA frugale produit des résultats compréhensibles par les équipes techniques et justifiables auprès des élus. Chaque recommandation peut être argumentée.
3. Réduire la dépendance au cloud et au calcul intensif En orientant l'analyse vers des cas d'usage précis — priorisation des interventions, détection de fuites, aide à la décision patrimoniale — l'IA frugale minimise les besoins en infrastructure et en puissance de calcul.
4. Maximiser le ratio impact / ressource Moins d'énergie, moins de complexité, mais un gain direct et mesurable sur la performance réseau. C'est l'équation au cœur de l'approche frugale.

L'IA frugale de Leakmited : conçue dès le départ pour le terrain
Des mois de travail sur la donnée des collectivités
La frugalité demande une rigueur de conception dès le départ. C'est souvent le chemin le plus exigeant.
Chez Leakmited, des mois ont été consacrés à structurer les données lacunaires de centaines de collectivités et à trouver des solutions pour pallier leurs imperfections.
Ces données ont ensuite été enrichies avec des métadonnées techniques et contextuelles, pour produire un modèle IA véritablement calibré sur les réalités du terrain. (Source : post LinkedIn Hubert Baya Toda, Leakmited)
Une IA utilisable sur smartphone, même en zone blanche
Le signe le plus concret de cette légèreté : la solution Leakmited est utilisable sur smartphone par les chercheurs de fuites partenaires, y compris en zone blanche. Aucune dépendance à une connexion puissante, aucun équipement spécialisé requis. L'IA va là où le terrain se trouve.
Une empreinte carbone mesurée et transparente
Leakmited a fait le choix de mesurer et de publier l'empreinte de son IA. L'exécution d'un modèle — c'est-à-dire l'analyse complète d'un réseau — consomme 1,73 kWh, soit 88,49 g de CO₂e. (Source : post LinkedIn Hubert Baya Toda, Leakmited — Cette estimation se base sur une évaluation faite sur https://lnkd.in/ga832mvv 3h sur 32 CPU.)
Pour mettre ce chiffre en perspective : cela représente environ 4 à 5 litres d'eau virtuelle, soit la quantité nécessaire pour cuire 500 g de pâtes.
À mettre en regard de l'impact généré.
💡 Vous souhaitez évaluer ce qu'une IA frugale pourrait produire sur votre réseau, avec vos données actuelles ? L'équipe Leakmited est disponible pour un premier échange sans déploiement préalable.

Des résultats qui parlent d'eux-mêmes
8 milliards de litres économisés depuis la création
Depuis sa création, Leakmited a permis d'économiser plus de 8 milliards de litres d'eau, soit l'équivalent de la consommation annuelle d'une ville comme Bordeaux. (Source : post LinkedIn Hubert Baya Toda, Leakmited)
C'est la réponse la plus directe à la question de l'impact écologique de l'IA : une empreinte carbone de quelques dizaines de grammes de CO₂e par analyse, pour des milliards de litres préservés.
Syndicat du Bas Languedoc : une décision de travaux prise dans la journée
Le Syndicat du Bas Languedoc (27 communes, 850 km de réseau, 220 000 habitants) pilote chaque année entre 4,5 et 5 M€ de travaux grâce au jumeau numérique Twin de Leakmited. La programmation des travaux, qui mobilisait auparavant jusqu'à 3 mois, se réalise aujourd'hui en 1 jour. Le rendement du réseau est maintenu à 90,90 % sur 5 ans.
« Le temps qu'on fasse un avant-projet, qu'on décide, qu'on regarde, tout ça prenait 3-4 mois. Là, dans la journée, la décision est prise. »
Marc Coustol, Directeur du SBL
Syndicat La Vigne aux Champs : un ROI multiplié par 4 dès la première année
Le Syndicat La Vigne aux Champs (7 communes, 350 km, 6 000 abonnés) a enregistré – 77 % de réduction des pertes en eau potable après une campagne de recherche de fuites avec la solution Sprint. Cela représente 146 730 m³ économisés par an, soit la consommation annuelle de 1 630 foyers. Le retour sur investissement a été atteint dès la première année, avec un ROI multiplié par 4.
« Si on avait laissé l'année se faire tranquillement, on aurait un rendement qui ne dépassait pas les 65 %. On avait l'équivalent de 3 000 foyers par an en fuite permanente.
Jean-François Marinier - Président du syndicat
Conclusion
L'IA frugale est une réponse concrète à une question que chaque directeur de syndicat, chaque responsable technique et chaque élu finit par poser : comment améliorer la performance de mon réseau d'eau, avec les moyens dont je dispose, sans alourdir mon organisation ni mon bilan environnemental ?
Leakmited a choisi d'être éclaireur sur ce chemin. Structurer la donnée avant de modéliser. Mesurer l'empreinte avant de déployer. Aller sur le terrain avant de conclure. Ce positionnement, construit dès la conception de l'outil, produit aujourd'hui des résultats mesurables — en litres d'eau économisés, en euros de travaux mieux arbitrés, en journées de travail gagnées.
L'IA frugale est peut-être la voie la plus exigeante. C'est aussi la plus cohérente avec les valeurs du service public de l'eau.






