Un syndicat qui raisonne à 80 ans
Dans le Puy-de-Dôme, le SMEA de la Basse Limagne distribue l’eau potable de 44 communes, soit 97 000 habitants, 50 500 abonnés et 1 200 km de réseau, majoritairement en fonte.
Sa gestion est déjà exigeante. Le patrimoine a été chiffré à 360 millions d’euros, et le prix de l’eau (2,80 € TTC/m³) est calculé pour financer un renouvellement de 1,15 % des canalisations par an, deux fois la moyenne nationale. Le syndicat rationalise aussi son réseau en supprimant les conduites redondantes et en regroupant les petits réservoirs communaux.
“L’eau et l’assainissement, ce n’est pas une gestion à 6 ans. C’est une gestion à 80 ans.”
Nicolas Mialon, Directeur technique
Des données partout, et peu de temps pour les lire
Le réseau est sectorisé depuis plusieurs années, en environ 150 secteurs que le syndicat continue d’affiner. Les débits de nuit permettent de repérer des anomalies et d’envoyer des agents dès le lendemain matin. Mais les informations restent dispersées entre le SIG, la supervision, l’historique des casses et les constats terrain. Avant chaque intervention, il faut les rassembler.
“C’est bien beau d’avoir de la donnée, il faut aussi avoir du monde derrière pour l’analyser.”
Nicolas Mialon
La même question se pose pour l’investissement. Avec 1,15 % par an, le syndicat renouvelle environ 14 km de conduites chaque année. Encore faut-il que ce soient les bonnes.
“Si je renouvelle des tuyaux qui ne fuient pas, je vais dépenser mes 5 millions d’euros, c’est sûr. Je vais renouveler 14 km de tuyaux. Mais le rendement sera toujours pareil, ou même moins.”
Nicolas Mialon
Rassembler les secteurs dans un seul outil avec Twin Exploitation
Le syndicat déploie Twin Exploitation secteur par secteur. Chaque secteur hydraulique est dessiné sur la carte, relié à ses débitmètres, et les données de supervision remontent au même endroit que celles du réseau.
“Twin Exploitation nous permet, avec notre carto, de dessiner les secteurs et de faire remonter les informations de notre supervision sur les débitmètres. Tout ça donne des éléments à l’outil pour nous orienter sur des secteurs plus pertinents que d’autres.”
Nicolas Mialon
Le déploiement a produit un premier résultat dès la configuration. L’outil a fait remonter des anomalies dans les données de télégestion, comme un débit négatif sur un secteur ou des capteurs sans données, que l’équipe a pu vérifier et corriger. Le travail a aussi conduit le syndicat à remettre à plat la couche de sectorisation de son SIG.
Les équipes terrain sont associées à la suite, avec le module d’intervention et l’application mobile qui permet de déclarer une fuite directement depuis le terrain.
“L’idée, c’est de mettre tous ces outils que l’on a à droite et à gauche dans un même outil. Et que cet outil calcule bien plus vite que nous et nous propose des choses.”
Nicolas Mialon
Classer les renouvellements commune par commune avec Twin patrimonial
Pour le long terme, le syndicat s’appuie sur Twin patrimonial. Le SIG (année de pose, matériau, historique des casses) et les analyses d’eau alimentent l’outil, qui classe les conduites à traiter en priorité dans chaque commune.
Le PPI 2027-2029 s’y construit avec deux enveloppes, une grande pour la vétusté des ouvrages et une plus petite pour le risque CVM, appuyée sur une campagne d’analyses d’eau en cours.
“Le vrai choix technique, ce n’est pas de faire des travaux dans des communes qui n’en ont pas besoin. C’est de faire des travaux dans les secteurs qui sont fuyards.”
Nicolas Mialon
Un courrier aux communes appuyé sur les données du réseau
Chaque année vers le mois de mai, le syndicat écrit aux 44 communes pour connaître leurs projets de voirie et d’assainissement des deux années suivantes. Quand une rue va être refaite, il vérifie l’état de la conduite et la renouvelle avant les travaux si besoin. Il évite ainsi de payer la réfection des enrobés.
Cette année, chaque courrier contenait aussi deux ou trois chantiers d’eau potable jugés prioritaires, extraits des classements de Twin patrimonial.
“Les extractions, je les ai faites à partir de Leakmited. Je suis allé sur chaque commune, j’ai regardé les conduites qui étaient mal classées et je les ai extraites pour les mettre dans mon courrier.”
Nicolas Mialon
La discussion avec chaque commune part de données mesurées, et les chantiers eau potable et voirie se font ensemble.
1 200 km de réseau
150 secteurs hydrauliques intégrés
44 communes avec leurs chantiers prioritaires identifiés
1,15 % de renouvellement par an, deux fois la moyenne nationale
Un outil construit avec les retours du terrain
Le syndicat partage régulièrement ses idées avec les équipes Leakmited, et elles alimentent la feuille de route de Twin. Deux évolutions en cours viennent de ses demandes: un chiffrage des travaux qui distingue conduite et branchements, et une couche pression qui fera apparaître les conduites les plus sollicitées.
“Suite aux échanges avec Leakmited, on a même apporté des corrections à notre SIG pour encore l’améliorer.”
Nicolas Mialon
Le SMEA de la Basse Limagne suit désormais ses secteurs dans le même outil où il planifie ses investissements. Ce qu’il observe chaque jour sur le réseau éclairera les choix qu’il présente ensuite aux élus.


.avif)









.avif)











![[Sicoval] Sicoval en zone urbaine](https://cdn.prod.website-files.com/67fd093c8c3362277a6ee984/683483b3f555590fee698d1c_6834835dabb3143b9e1d7c6d_Design%20sans%20titre%20(17).avif)
